Présentation
Le Passage Verdeau est l’un des derniers passages couverts construits à Paris. Inauguré en 1847, il prolonge les passages Jouffroy et Panoramas, formant un véritable axe piétonnier sous verrière depuis les Grands Boulevards jusqu’à la rue du Faubourg Montmartre.
Calme, baigné de lumière, il attire aujourd’hui les amateurs de livres anciens, d’art photographique et d’objets vintage. C’est un lieu à la fois raffiné, nostalgique et discret, moins fréquenté par les touristes, mais très prisé des flâneurs curieux et des collectionneurs.
Histoire en 6 actes
- 1846–1847 : Le passage est construit par les architectes Verdier et Grivellier, du nom de l’entrepreneur Verdeau, actionnaire de la Compagnie du Passage Jouffroy.
- 1847 : Inauguration. Son originalité tient à son emplacement plus en retrait, prolongement direct du Passage Jouffroy.
- 1850–1900 : Il devient un haut lieu pour les photographes, relieurs, marchands d’estampes et de vieux papiers.
- 1900–1950 : Maintien d’une activité spécialisée malgré l’apparition des grands magasins alentour.
- 1970–1990 : Désaffection relative, mais le passage garde son âme grâce à des commerçants passionnés.
- 2000–aujourd’hui : Rénové, revalorisé, il devient un repère d’antiquaires, libraires et galeries de photos anciennes, très fréquenté par les initiés.
Clés architecturales
- Style : Classique fin XIXᵉ, avec structure métallique et éléments en bois
- Longueur : Environ 75 mètres
- Décor :
- Haute verrière arquée, plus élancée que celle du passage Jouffroy
- Sol en damier noir et blanc
- Façades sobres, avec boiseries anciennes
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- Portes vitrées d’époque, parfois encore à poignées d’origine
Personnages & œuvres
- Nadar, célèbre photographe du XIXᵉ siècle, avait son atelier dans le passage voisin, et influença les boutiques du Verdeau consacrées à l’image.
- Plusieurs bouquinistes sont devenus des références parisiennes, notamment pour les ouvrages de collection.
- Patrick Modiano évoque les passages couverts dans plusieurs de ses romans sur le Paris des souvenirs, où flotte une atmosphère mélancolique.
- Utilisé comme décor dans des films d’auteur français pour son ambiance calme et hors du temps.
Anecdotes savoureuses
- Le passage Verdeau est surnommé « le temple du papier » : cartes anciennes, gravures, affiches de théâtre ou partitions y abondent.
- L’un des commerces historiques a longtemps proposé des boîtes de photos « trouvées » en brocante, vendues à l’unité au hasard.
- Une vitrine du passage hébergeait autrefois un autel miniature japonais, installé par un antiquaire passionné d’Extrême-Orient.
- Il est l’un des rares passages de Paris à ne pas comporter de café, ce qui renforce son ambiance feutrée.
En résumé
« C’est un passage secret et lumineux, adoré des bibliophiles et des curieux. On y respire le parfum du Paris d’autrefois, feutré, cultivé et paisible. »