Street Art Monumental
Le Boulevard Vincent Auriol, surnommé « Boulevard 13 », s’est métamorphosé depuis les années 2010 en une galerie à ciel ouvert de fresques géantes, signées par les plus grands noms du street art international. Sur les façades d’immeubles de grande hauteur, des œuvres hautes de plusieurs étages transforment ce tronçon urbain en musée vertical, de la station Nationale jusqu’à Chevaleret.
Ce projet artistique, porté par la Mairie du 13ᵉ en partenariat avec la galerie Itinerrance, fait de ce quartier populaire une vitrine du street art institutionnalisé, accessible à tous.
Histoire en 6 actes
- Années 1960–70 : Construction des tours et grands ensembles du 13ᵉ, le long du boulevard Vincent Auriol.
- Début 2010 : Naissance du projet Boulevard 13 par Mehdi Ben Cheikh (galerie Itinerrance) avec l’appui de la mairie.
- 2012 : Première fresque géante de Inti (Chili), suivie de Shepard Fairey (USA), C215, Obey, etc.
- 2013–2017 : Enchaînement de 30 fresques monumentales entre Chevaleret, Nationale et Bibliothèque.
- 2019 : Lancement de parcours artistiques officiels, visites guidées, publications.
- Aujourd’hui : Lieu de référence mondiale pour le street art en très grand format, sans cesse renouvelé.
Clés architecturales
- Immeubles des années 60–70, typiques de l’urbanisme de dalle
- Façades aveugles et murs pignons, parfois hauts de 10 à 30 mètres
- La ligne 6 du métro aérien surplombe le boulevard, offrant un point de vue unique sur les fresques
- Architecture brutale des années Pompidou, réenchantée par l’art
Personnages & œuvres
- Inti (Chili) – « La Madre secular », une figure mystique au voile floral
- Shepard Fairey (USA) – Fresques engagées (droits de l’homme, paix)
- D*Face (UK) – Style comics pop art
- C215 (France) – Portraits vibrants, dont ceux de Simone Veil ou Abbé Pierre
- Pantonio (Portugal) – Élan dynamique de formes aquatiques
- Conor Harrington (Irlande), Invader, Obey, et bien d’autres
Anecdotes savoureuses
- Les fresques sont réalisées à la nacelle en quelques jours, souvent sous haute surveillance
- Certains artistes travaillent de nuit, à la lumière de projecteurs, pour éviter les conditions climatiques extrêmes
- En 2016, l’artiste Jace a fait apparaître un de ses personnages (le Gouzou) sur une façade cachée, visible seulement depuis le métro
- Aucune fresque n’est vandalisée : respect total entre artistes urbains
- Les œuvres sont périssables : certaines sont recouvertes après quelques années pour laisser place à de nouvelles
En résumé
« Ce quartier est devenu l’un des plus grands musées à ciel ouvert d’Europe. Chaque fresque a une âme, une histoire, et une force visuelle qui défie l’architecture des grands ensembles. »