Colonnes de Buren

Un damier d’art contemporain dans un écrin classique

Au cœur de la cour d’honneur du Palais Royal, les Colonnes de Buren détonnent. Cette installation de l’artiste Daniel Buren, officiellement intitulée Les Deux Plateaux, juxtapose des colonnes rayées noires et blanches à l’architecture classique du XVIIᵉ siècle.

Créée en 1986, cette œuvre d’art contemporain interroge les rapports entre patrimoine et création moderne, provoquant à l’époque un véritable scandale devenu… attraction incontournable.

Histoire en 6 actes

  1. 1633 – Construction du Palais Royal pour le cardinal de Richelieu, en marge du Louvre.
  2. 1784 – Aménagement de la cour d’honneur, ouverte sur la place du Palais Royal.
  3. 1985 – Commande publique de Jack Lang (ministre de la Culture) à Daniel Buren.
  4. 1986 – Installation controversée de Les Deux Plateaux : débat national enflammé.
  5. 1990-2000 – Progressif changement de regard : les colonnes deviennent iconiques.
  6. 2009 – Restauration complète et pérennisation de l’œuvre, intégrée au patrimoine du site.

Clés architecturales

  • 260 colonnes en marbre de Carrare, rayées de noir et de blanc, de hauteurs variées.
  • Disposition géométrique en damier dans la cour d’honneur du Palais Royal.
  • Intégration dans un cadre classique, entre colonnades et façades à pilastres : choc des styles assumé.
  • Système souterrain caché évoqué par l’artiste comme une « racine visuelle » de l’œuvre.

Personnages & œuvres

  • Daniel Buren (né en 1938), figure majeure de l’art conceptuel français.
  • Apparition dans de nombreux films et clips, notamment pour ses lignes photogéniques.
  • Débats animés dans les années 1980 entre conservateurs et modernistes sur la place de l’art contemporain.

Anecdotes savoureuses

  • À son inauguration, les colonnes ont été qualifiées par certains critiques de « tuyaux de chantier » ou « rayures de pyjama ».
  • Elles ont failli être démontées dans les années 1990 faute d’entretien, avant d’être réhabilitées.
  • Aujourd’hui, les enfants y jouent, les photographes s’en régalent, et les influenceurs s’y pressent.

En résumé

« Ce jeu de colonnes noires et blanches a fait trembler la République ! Aujourd’hui adorées, elles étaient violemment critiquées à leur naissance. Ce lieu résume parfaitement Paris : une ville où l’ancien dialogue — parfois avec fracas — avec le contemporain. »