La Campagne à Paris

Le lotissement ouvrier chic

Perchée sur une butte méconnue du 20ᵉ arrondissement, La Campagne à Paris est un îlot bucolique, presque irréel, au cœur de la capitale.

Ce quartier résidentiel aux allures de village fleuri, avec ses petites maisons bordées de glycines, ses allées pavées et ses jardins clos, semble tout droit sorti d’une carte postale provinciale.

C’est un véritable havre de paix, loin du tumulte urbain, qui attire de plus en plus les amateurs de lieux cachés, les promeneurs, et les photographes à la recherche d’un Paris intime.

Histoire en 6 actes

  1. 1890–1900 : L’idée naît dans les milieux ouvriers chrétiens d’offrir à des familles modestes l’accès à une maison avec jardin, au sein même de la ville.
  2. 1907 : Création de la Société coopérative d’habitations à bon marché, fondée par des employés du ministère des Finances.
  3. 1911–1926 : Construction progressive de 92 pavillons individuels, dans un esprit villageois et solidaire.
  4. Années 1930 : Le quartier devient un modèle d’urbanisme social réussi, avec un fort sentiment communautaire.
  5. Années 1960–1980 : Long sommeil : le quartier reste préservé, sans être touché par les grandes rénovations urbaines.
  1. Années 2000–aujourd’hui : Redécouverte par les Parisiens, gentrification progressive, mais conservation de l’âme originelle.

Clés architecturales

  • Style des maisons : éclectique, allant du néo-gothique au cottage anglais, avec une dominante Art nouveau discret
  • Matériaux : brique, pierre meulière, tuiles rouges, ferronneries artisanales
  • Organisation : trois rues principales :
    • Rue Irénée Blanc
    • Rue Georges Perec (anciennement Jules Siegfried)
    • Rue Paul Strauss
  • Détails remarquables :
    • Murs recouverts de lierre ou de rosiers
    • Portillons en bois sculpté
    • Citations religieuses sur certaines façades, rappelant l’origine catholique du projet

Personnages & œuvres

  • Émile Bollaert & les initiateurs de la société coopérative, partisans d’un urbanisme ouvrier humaniste
  • Photographes et cinéastes contemporains qui utilisent régulièrement le lieu pour ses allures « hors du temps »
  • Rue Georges Perec : rebaptisée en hommage à l’écrivain, grand observateur du Paris secret et poétique
  • Apparitions dans :
    • Documentaires sur les « villages de Paris »
    • Reportages de TF1, France 2, Paris Match, etc.
    • Livres photo sur les quartiers insolites de Paris

Anecdotes savoureuses

  • De nombreuses maisons portent des inscriptions gravées dans la pierre, comme « Dieu bénit cette demeure », vestige de l’esprit pieux des fondateurs.
  • Pendant des années, aucun agent immobilier n’y entrait, car le quartier vivait en autarcie : les maisons se transmettaient de bouche à oreille.
  • Un chat roux, surnommé « le maire de la Campagne », faisait office de mascotte dans les années 2000.
  • Certains pavillons ont des portes dérobées qui relient plusieurs rues… comme dans un petit labyrinthe champêtre.

En résumé

« Vous êtes à Paris… mais vous pourriez être en Normandie ou à Montmartre en 1900. Ici, les gens se saluent, les oiseaux chantent, et les glycines grimpent sur les portails. »