La performance live
Le M.U.R. (Modulable, Urbain, Réactif) situé au 107 rue Oberkampf, est l’un des hauts lieux de la création urbaine contemporaine à Paris. À la différence des fresques pérennes, ce panneau d’affichage détourné accueilleune nouvelle œuvre toutes les deux semaines, réalisée en direct et en public.
Né d’un projet artistique en 2003, il est devenu un espace d’expression reconnu, légal, libre et programmé, où les plus grands noms du street art viennent s’exprimer dans un format éphémère, toujours renouvelé.
Histoire en 6 actes
- 1995–2000 : Le mur est un banal support publicitaire dans un quartier en mutation.
- 2003 : Création du projet Le M.U.R. à l’initiative de l’artiste Jean Faucheur : le mur devient un espace d’art urbain officiel.
- 2007 : L’association Le M.U.R. est fondée, le projet prend de l’ampleur et reçoit le soutien de la mairie du 11ᵉ.
- Années 2010 : Le lieu s’impose comme un rendez-vous incontournable du street art parisien, avec plus de300 interventions.
- 2016–2020 : Des artistes de renommée mondiale s’y succèdent : Tic, Invader, Jef Aérosol, Vhils, Lek & Sowat, etc.
- Aujourd’hui : Le M.U.R. est l’un des seuls lieux de street art éphémère officiel en France, où le renouvellement est constant et l’engagement souvent fort.
Clés architecturales
- Mur en angle entre la rue Saint-Maur et la rue Oberkampf
- Format vertical 3 m × 8 m, encadré comme un tableau
- Intégré dans le mur aveugle d’un immeuble haussmannien
- Pas de structure monumentale, mais un écrin urbain sobre, encadré d’échafaudages mobiles lors des performances
Personnages & œuvres
- Jean Faucheur (fondateur) – pionnier du street art français
- Jef Aérosol – silhouettes noires et rouges iconiques
- Tic – poésies féminines en noir et blanc
- Shepard Fairey, Stoul, Swoon, Kashink, Ludo, Roti, etc.
- Les œuvres sont visibles deux semaines seulement, puis recouvertes : l’archive est photographique
Anecdotes savoureuses
- Chaque performance est réalisée en direct, souvent en présence du public
- Lors d’une nuit pluvieuse, un artiste a intégré les traces de coulures d’eau dans son œuvre
- Le M.U.R. a accueilli une installation en 3D avec reliefs en bois collés
- Un artiste a proposé une œuvre blanche intégrale, déclenchant une pluie de critiques… et d’éloges
- Un QR code géant a été collé une fois : en le scannant, on accédait à une œuvre numérique animée
En résumé
« Ici, l’œuvre ne dure que deux semaines. Elle naît, elle vit, puis disparaît. C’est l’essence même du street art : fragile, vibrant, toujours renouvelé. »