Maison Loo

Pagode de Paris

Dans le quartier très haussmannien du 8ᵉ arrondissement, à deux pas du parc Monceau, se dresse un bâtiment que personne ne s’attend à voir ici : une authentique pagode chinoise rouge à étages et toiture courbe. Il s’agit de la Maison Loo, une ancienne résidence transformée dans les années 1920 par un marchand d’art chinois, Ching Tsai Loo.

Ce joyau d’exotisme architectural, fermé au public aujourd’hui, conserve une aura mystérieuse. On peut toutefois l’admirer de l’extérieur : c’est une étape incontournable pour surprendre les visiteurs… et les objectifs photo.

Histoire en 6 actes

  1. 1902 : Construction d’un hôtel particulier typiquement haussmannien au 48 rue de Courcelles, dans un quartier chic et bourgeois.
  2. 1925 : Le marchand d’art Ching Tsai Loo (dit C. T. Loo) achète la demeure pour y installer sa galerie d’art et sa résidence.
  3. 1926–1928 : Il transforme radicalement l’immeuble : il fait raser la façade et la remplace par une façade-pagode en bois sculpté et tuiles vernissées. Le bâtiment devient une vitrine de l’art chinois.
  4. 1930s–1940s : La pagode devient un lieu central de la diplomatie culturelle entre la Chine et la France.
  5. 1990s–2000s : Fermeture progressive au public, puis rachat privé. Elle reste fermée aux visiteurs mais préservée.
  6. Aujourd’hui : Monument classé au patrimoine, la pagode attire les curieux, les amoureux d’architecture et les passionnés d’art asiatique.

Clés architecturales

  • Style : architecture chinoise traditionnelle (inspirée des pagodes du sud de la Chine)
  • Matériaux :
    • Toiture en tuiles vernissées
    • Façade en bois sculpté rouge et or
    • Lanternes, balcons, frontons à motifs dragons et fleurs de lotus
  • Structure :
    • Bâtiment à plusieurs étages sur ossature haussmannienne
    • Jardin intérieur miniature (non visible du public)
  • Détails remarquables :
    • Inscriptions chinoises en doré
    • Portes cloutées à motifs traditionnels
    • Ornements de style impérial

Personnages & œuvres

  • T. Loo (1880–1957) : marchand d’art influent, à l’origine de la diffusion de l’art chinois ancien en Occident.
  • Clients célèbres : de nombreux collectionneurs et musées américains, dont le MET de New York, achetèrent chez Loo.
  • Controverses : C. T. Loo est aussi critiqué pour avoir vendu des œuvres retirées de temples ou de tombes.
  • Inspiration artistique :
    • Le lieu est dessiné dans des carnets d’architectes
    • Apparaît en fond dans des séances photo de mode et de publicité
  • Mention dans des romans contemporains comme La Pagode Rouge (fiction inspirée du lieu).

Anecdotes savoureuses

  • La pagode interdite : Depuis sa fermeture, elle ne se visite plus… ce qui alimente les fantasmes sur ce qu’elle renferme.
  • Un hôtel fantôme : Les riverains racontent qu’elle n’a jamais été vraiment « ouverte » malgré son allure accueillante.
  • Un temple au milieu des haussmanniens : Sa construction fut très controversée à l’époque — une « provocation visuelle » pour les voisins.
  • Ambassade secrète ? Le lieu aurait accueilli des discussions diplomatiques officieuses entre Chine et France dans l’entre-deux-guerres.
  • Elle a failli disparaître : Dans les années 1980, des projets de démolition ont été évoqués, stoppés par son classement au patrimoine.

En résumé

« Ici, à deux pas du parc Monceau, un morceau de Chine trône dans le silence… C’est peut-être le plus étonnant hôtel particulier de Paris. »