Présentation
Le Passage Choiseul est l’un des plus longs passages couverts de Paris, traversant tout un pâté de maisons entre la rue des Petits-Champs et la rue Saint-Augustin. Inauguré en 1827, il fut d’abord un centre de commerces huppés avant de devenir un haut lieu de la vie culturelle grâce au Théâtre des Bouffes-Parisiens.
Moins connu que la Galerie Vivienne, il a pourtant conservé une authenticité populaire, récemment sublimée par une rénovation réussie. Aujourd’hui, entre boutiques rétro, cantines japonaises, librairies engagées et ateliers de créateurs, il incarne une facette plus contemporaine et vivante du patrimoine parisien.
Histoire en 6 actes
- 1825–1827 : Le banquier Mallet fait construire le passage sur l’emplacement de l’hôtel de Gesvres. Il est conçu comme un axe commercial élégant au cœur du quartier.
- 1855 : Ouverture du Théâtre des Bouffes-Parisiens par Jacques Offenbach, qui y triomphe avec ses opérettes.
- 1860–1880 : Apogée du passage : salons de lecture, tailleurs, cafés littéraires et boutiques de mode y prospèrent.
- Début XXᵉ siècle : L’écrivain Louis-Ferdinand Céline y passe son enfance (dans la boutique de ses parents, au n°67).
- 1970–1990 : Déclin progressif, mais le passage conserve des commerces atypiques.
- 2012–2017 : Rénovation complète de la verrière et des façades. Le passage connaît un regain d’intérêt, avec une ambiance artistique et urbaine.
Clés architecturales
- Architecte : François Mazois, terminé par Antoine Tavernier
- Style : Néoclassique sobre avec structure métallique
- Dimensions : Environ 190 m de long, 3,7 m de large – c’est l’un des plus longs passages de Paris
- Caractéristiques :
- Verrière centrale rénovée, laissant entrer une belle lumière diffuse
- Façades intérieures blanches et sobres, soulignées de moulures
- Sol pavé lisse, très praticable
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- Enseignes en bois, métal ou néon, témoins d’un écosystème commerçant vivant
Personnages & œuvres
- Louis-Ferdinand Céline, célèbre auteur de Voyage au bout de la nuit, y a passé une partie de son enfance : sa mère y tenait une boutique de dentelles et de modes.
- Jacques Offenbach, compositeur emblématique du Second Empire, y fonde le Théâtre des Bouffes-Parisiens qui existe toujours.
- Colette, comme d’autres artistes de Montmartre, venait souvent y chercher tissus et accessoires.
- Apparaît dans des films comme Paris de Cédric Klapisch, ou des documentaires sur les passages couverts de Paris.
Anecdotes savoureuses
- L’entrée du passage a été immortalisée sur des gravures populaires dès le XIXᵉ siècle, comme symbole de la vie commerçante.
- En 2015, un artiste de street art a secrètement installé une mini-bibliothèque en libre accès dans une ancienne vitrine, toujours active aujourd’hui.
- Le passage abrite l’un des meilleurs restaurants de curry japonais de Paris, très fréquenté à l’heure du déjeuner.
- On y croise souvent des auteurs ou illustrateurs de BD, attirés par la proximité de librairies spécialisées.
- Lors des rénovations, des fragments de décor en stuc ont été retrouvés sous les couches de peinture modernes.
En résumé
« Ce passage, c’est une tranche de vraie vie parisienne : entre patrimoine, théâtre, cuisine nippone et librairies de caractère. Moins décoratif que Vivienne, mais plus vivant, plus vibrant. »